Bosser comme des bêtes !

Ils ont tiré nos charrues, porté nos soldats, alimenté nos corps… Et si les animaux venaient pacifier nos entreprises ? 

Dans l’histoire économique du monde, l’animal a joué un rôle aussi fondamental que négligé. Grâce à leur endurance, leur vitesse ou leur force physique, certaines espèces ont ainsi été les adjuvants indispensables des activités agricoles et industrielles de l’homme. Cependant, la mécanisation systématique de ces deux secteurs et, plus généralement, le phénomène de tertiarisation de l’économie qu’ont connu les pays occidentaux ont déclassé l’animal. Il n’est plus vu comme une force de travail, mais simplement comme un producteur (de lait, d’oeufs, de viande…) ou un objet d’agrément et de loisir.

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Un statut juridique pour l’animal travailleur

Aujourd’hui, dans une logique de développement durable et de responsabilité sociale et sociétale des entrepreneurs, une réflexion sérieuse doit être menée sur l’intérêt de sa réintroduction ou de son introduction dans l’entreprise. De multiples usages (transport de personnes, de produits, de déchets, traction de charges lourdes…) pourraient leur être alloués, aussi bien sur les sites industriels qu’au sein des sociétés de services. Outre son utilité strictement économique, l’animal constituerait une source de communication positive pour l’entreprise, mais aussi et surtout un formidable outil de pacification des relations humaines en son sein. Un statut juridique de l’animal viendrait garantir des conditions de travail respectueuses de ses besoins et de ses capacités. La création d’un tel statut apparaît particulièrement nécessaire, dans la mesure où le droit des animaux actuel ne concerne réellement que ceux de compagnie et d’élevage. Plus largement, il faudrait s’attacher à une refonte totale de ce droit, tant celui-ci a l’air aussi archaïque que lacunaire.

On peut ainsi rappeler que les animaux, « êtres sensibles » depuis la Loi Nature de 1976, sont encore considérés comme des biens au sens du code civil. Ce dernier point pourrait d’ailleurs évoluer dans les années à venir, le Conseil économique, social et environnemental s’étant saisi dernièrement du sujet. Si aucun État d’Europe ne semble, à ce jour, avoir adopté un statut juridique dédié aux animaux travailleurs (« working animals » en anglais), il convient de relever que de nombreux pays (Autriche, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Irlande…) disposent d’un droit plus protecteur que le droit français. Enfin, n’oublions pas qu’en 2002, l’Allemagne est devenue le premier pays européen à inscrire la protection des animaux dans sa Constitution.

Découvrez la chronique droit de Nicolas Gardères : « Les arbres ont-ils des droits ? »

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