Björk, fée artistique et écologique

Cet été, suivez notre série sur les chanteurs engagés pour la planète. Chaque semaine, zoom sur un artiste écolo. Pour ce premier volet, décollage immédiat pour l’Islande avec Björk. Les fans de l’ensorceleuse islandaise attendent impatiemment l’album «Biophilia», prévu fin septembre. On chuchote que cet opus sera teinté de rêves et d’ôdes à la nature.

Björk a grandi en Islande aux côtés de sa mère, dans une communauté hippie. Les paysages de ce pays mystérieux, entre paysages enneigés et paysages volcaniques, ont probablement inspiré la jeune fille. On comprend mieux la dualité sentimentale -entre amour et colère- qui existe dans de nombreux albums. Mais c’est également l’amour qu’elle porte pour son pays (presque) sauvage qui a fait de Björk une femme engagée.

Dans les années 90, l’Islandaise symbolisait une certaine rage féministe : elle est une star mondiale sans concession, avec un caractère bien trempé. Dans les années 2000, la musique de Björk s’est rapprochée d’éléments plus organiques et les thèmes écologiques se font plus présents dans les paroles.

Au moment de la sortie de Volta, en 2007, Björk disait: « L’Islande est la partie d’Europe la moins touchée par la pollution. Mais dans l’espace de cinq ans il pourrait y en avoir autant qu’à Stuttgart ! Les politiciens ont déjà construit le plus gros barrage au monde il y a deux ans, ils ont prévu d’en construire cinq de plus et ne prévoient pas de demander au public d’approuver par référendum. C’est un problème majeur en Islande et ça crée de la confusion sur ce que ça représente d’être islandais. Pour moi, être de ce pays va de pair avec une nature intacte (…) »

En 2008, l’Islande a connu une crise économique du fait de la spéculation et de sa dépendance au marché américain. La chanteuse, qui est aussi une des plus grosses fortunes d’Islande, a bâti un fond dédié à la relance économique de son pays : le fond « Björk Fund ». Il s’agit d’un fond d’investissement éthique destiné à donner un sens durable à cette relance. Il vise à aider le développement d’entreprises socialement et économiquement durables qui valorisent les ressources en eau et énergies renouvelables de l’Islande.

 

Regardez la vidéo qui fait la promotion du « Björk Fund »:

 

En 2009, elle décide d’enregistrer le single « Nattura » en faveur de l’association islandaise éponyme avec Thom Yorke –chanteur de Radiohead-, Matthew Herbert –producteur- et Brian Chippendale du groupe Lightning Bolt à la batterie. Cette association œuvre pour la protection de l’environnement islandais. Par le biais d’un concert organisé par Nattura, Björk s’était également opposée à la construction de fonderies d’aluminium dans son pays.

Ecoutez et regardez « Nattura » :

En janvier 2011, l’islandaise réalise un karaoké-marathon de trois jours, organisé à Reykjavík contre la vente des ressources de son pays à une société canadienne. Grâce à cette initiative, l’ex-chanteuse des Sugarcubes et le journaliste écologiste Omar Ragnarson ont récolté 47 000 signatures (15% de la population de l’Islande), soit plus qu’il n’en fallait pour convaincre leur gouvernement de reculer.

Björk est aussi apparue plusieurs fois aux côtés d’Eva Joly, la candidate aux primaires écologistes pour la présidentielle française de 2012, notamment lors d’une visite de cette dernière à Reykjavik pendant la crise financière. La femme politique a décidé d’utiliser le titre « Human Behaviour » de l’artiste pour son spot de campagne destiné à défendre sa candidature pour aux primaires d’Europe Écologie – Les Verts. Un précieux appui pour Eva Joly.

 

Mais revenons à l’actualité musicale. Dimanche dernier, Björk a dévoilé au Manchester International Festival la première mondiale de Biophilia, son nouveau projet musical. «Si j’envisage Biophilia à une si grande échelle, c’est que je suis bien incapable d’expliquer les sons et les rythmes sans me référer au système solaire et aux atomes. Pour moi, tout cela appartient au même univers», explique Björk. Biophilia -qui veut littéralement dire « l’amour de la vie »- est un concept global sur les liens entre les sciences, la nature, la musique et les nouvelles technologies. La chanteuse, tant au niveau artistique et écologique, n’a pas fini de nous étonner.

 

 

 

 

Ecoutez le magnifique « Crystalline », premier titre extrait de son opus Biophilia :

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone