Biodiversité en Ile-de-France : bilan très mitigé

« Elle voulait s’mettre à boire, se jeter au fond d’un puits » : la chauve-souris dans la chanson de Thomas Fersen déprime. En Ile-de-France, elle ronge son frein à l’instar des papillons. Quant aux oiseaux, c’est loin d’être la panacée.

C’est le premier bilan de santé de la biodiversité en Ile-de-France. De 2001 à 2009, dans le cadre de trois programmes Vigie-Nature, trois grandes espèces sauvages (oiseaux, chauves souris et papillons), qui possèdent comme similarités d’être confrontées à la décrépitude de leurs milieux, ont été étudiées en Ile de France. Collecte de données, captation des bruits des chauves souris, méthodes de calcul affinées et analyses minutieuses… Autant de procédés qui ont permis de recenser les espèces en égrenant tous les espaces de la région (forêts, terres agricoles, milieux urbains). Des résultats mis en comparaison ensuite avec les données extraites des départements limitrophes à la région Ile-de-France.

Le papillon souffre de l’urbanisation

Le territoire d’Ile de France, malgré ses 286 000 hectares d’espaces boisés qui représentent 24% de sa superficie, est de moins en moins une terre d’accueil pour les papillons. En attestent les résultats obtenus. Pour le lépidoptère, alias le papillon, la relation entre taux d’urbanisation et abondance de l’espèce est explicite. Plus le milieu est urbanisé, plus sa présence est réduite. Elle se trouve divisée par deux si on compare sa présence entre les communes rurales et urbaines. On dénombre ainsi seulement 55 000 papillons en Ile de France sur 750 000 recensés en France. La solution ? Aménager de nouveaux espaces verts au cœur des villes.

La population de chauve-souris isolée

Avec les chiroptères, la différence avec les départements limitrophes est sans conteste. Les forêts franciliennes accueillent des effectifs inférieurs de 30% à ceux des forêts des départements limitrophes. En outre, plus de 85% de cette population appartient à une seule et même espèce, en l’occurrence la Pipistrelle commune, qui trouve refuge en hiver à Paris. Sans que la ville ne soit un lieu de chasse privilégié pour le chiroptère. Le déclin des chauves-souris en Ile de France s’explique par un isolement géographique, conséquence de l’absence de structures bocagères et de la spécificité des structures des habitats entourant les forêts.

Les oiseaux, constats à géométrie variable

Des différences notoires existent au niveau de cette espèce en Ile de France. Si l’on considère le recensement des espèces « généralistes », c’est-à-dire celles qui ne montrent pas de préférence pour un milieu particulier et que l’on retrouve en milieu urbain ou rural, on observe une bonne adaptation au milieu francilien. A l’image de la corneille noire et du pigeon ramier qui connaissent respectivement un accroissement de 49% et de 87% au niveau de la région, entre 2001 et 2009. Seulement voilà, ce n’est pas le cas de la Mésange bleue par exemple, autre espèce généraliste, qui marque un déclin de 5%.

Mais c’est au niveau des espèces dites « spécifiques » que le fossé entre les départements limitrophes et la région Ile-de-France s’observe. Si les espèces spécialistes du bâti comme le Martinet noir et la Pie bavarde augmentent entre 2001 à 2009, ce n’est pas le cas des espèces forestières. A la différence des espèces agricoles dont la population reste stable, les espèces forestières telles le Pouillot fitis et la Sitelle torchepot décroissent à vive allure par rapport à la moyenne nationale.

Plus d’infos: http://www.natureparif.fr/attachments/temp/Dossierdepresse_indicateurs.pdf

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