Carburants :

Le biodiesel serait-il plus nocif que l’essence ?

Pourtant présenté comme un bon moyen de réduction des émissions de carbone du secteur des transports, le biodiesel ferait tout l’inverse en les augmentant, selon une étude sur les transports reprise ici par Euractiv.

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La part des émissions de gaz à effet de serre pour le secteur des transports en France était de 27,6% en 2013, un chiffre que le gouvernement tend à baisser à travers plusieurs dispositifs, dont le développement des biocarburants. En effet, d’ici à 2020, chaque État membre de l’Union européenne devra avoir au moins 10% d’énergies renouvelables dans les transports.

Mais coup de théâtre, il semblerait que le biodiesel (ou biogazole) est bien loin de tenir ses promesses de réduction des GES. Pis, sa part d’utilisation dans les transports à 4% supplémentaires, équivaudrait aux émissions produites par une mise en circulation de 12 millions de voitures en plus d’ici 2020.

Des cultures très polluantes et des carburants plus nocifs

L’information vient d’une étude commandée par la Commission européenne en 2013. Elle est sortie le mois dernier, après plusieurs retards : Bruxelles est d’ailleurs accusée de dissimulation d’informations.

Pour comprendre pourquoi le biodiesel serait un remède pire que le mal, il faut savoir que les biocarburants sont conçus par mélange d’huiles végétales de cultures (comme le soja, le colza ou encore le palmier à huile) à des carburants fossiles. Ces cultures entraînent une baisse des forêts et des pâtures, pourtant très utiles pour absorber les excès de CO2 présents dans l’atmosphère. Et d’après les résultats, les émissions liées aux cultures dépasseraient de loin celles liées au cycle de vie des carburants traditionnels.

L’ONG T&E, qui a lancé une campagne contre le biodiesel, conclue que : 

  • « en moyenne, le biodiesel extrait d’huile végétale vierge génère 80 % d’émissions en plus que le diesel fossile qu’il remplace ;
  • les biodiesels de soja et de palme sont respectivement deux et trois fois plus nocifs ;
  • le biodiesel est le biocarburant le plus répandu sur le marché européen et devrait représenter près de 70 % du secteur d’ici 2020 ;
  • plus de trois quarts des biocarburants, qui incluent aussi le bioéthanol, devraient avoir des émissions égale ou plus importantes que l’essence et le diesel sur l’ensemble de leur cycle de vie en 2020.  »

Mais pour l’instant, cette seule étude est insuffisante pour remettre en cause toute la filière. Une enquête plus approfondie serait la bienvenue afin de confirmer ou non ces révélations.

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Passionnée par le cinéma documentaire et l'environnement, Alexandra a choisi le journalisme par vocation. En grande optimiste et végétarienne convaincue, elle espère un avenir meilleur pour le monde. Chaque petite voix compte... la sienne aidera peut-être à améliorer les choses en donnant les informations nécessaires à la réflexion !