Beagles : l’adoption de chiens de laboratoire

En France, environ 3000 chiens sont utilisés chaque année dans les laboratoires. Quasiment tous sont des Beagles. Des actions sont menées pour faire adopter les chiens de laboratoire arrivés en fin de protocole et dont l’état de santé est bon.

Le beagle est une race de chien originaire d’Angleterre, tricolore, avec des pattes assez courtes et des oreilles pendantes. Très prisé pour la chasse, il est aussi utilisé pour les tests en laboratoires. « Cela s’explique par sa taille moyenne, sa capacité à vivre en groupe, son caractère docile et sa robustesse, précise Karine Reynaud, qui travaille dans l’unité de recherche « Biologie du Développement et Reproduction » de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (94). Ces chiens sont utilisés pour la médecine vétérinaire ou par les laboratoires pharmaceutiques pour tester des médicaments. Les laboratoires sont dotés de comités d’éthique et appliquent la règle des trois R : Raffiner (les doses utilisées pour les tests, soulager l’inconfort/réduire la douleur), Réduire (le nombre d’animaux utilisés) et Remplacer (les animaux par des méthodes alternatives comme les cellules en culture ou la modélisation informatique). »

La grande majorité des chiens sont euthanasiés après les tests pour l’autopsie de leurs organes. On en parle peu, mais certains ne sont pas euthanasiés et sont proposés à l’adoption : « Ce sont des chiens qui sont en bonne santé, souligne Karine Reynaud.  C’est notamment le cas des chiens que nous stérilisons à Maisons-Alfort, ce serait inacceptable de les euthanasier alors qu’ils vont bien. Nous avons donc mis en place un programme d’adoption pour réhabiliter les chiens de laboratoire. » 250 chiens ont ainsi été adoptés depuis le début de ce programme il y a dix ans. Une procédure également mise en place dans de nombreux pays : aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique ou encore en Italie.

« Certains chiens sont très timides, nous travaillons alors avec des comportementalistes pour les aider à s’adapter à la vie en ville et à venir à bout de leurs blocages, explique Karine Reynaud. D’autres sont totalement sociables. » L’âge des chiens à adopter est très variable, de quelques mois à plusieurs années. L’école vétérinaire d’Alfort est dotée de 80 places, et externalise parfois les adoptions à des refuges, comme ceux de l’association GRAAL.

Découvrez ci-dessous des extraits du témoignage d’une famille qui a adopté deux Beagles, Dusty et Happy

Comment se sont passés les 1ers jours avec Dusty et Happy ?
Les 1ers jours, Dusty et Happy étaient distants et peureux mais très vite une relation de confiance s’est nouée, y compris avec les enfants, notre chat Limonade (adopté lui aussi) et avec Soda, la petite chatte que nous avions trouvée à la sortie du refuge de Gerbey (nous étions finalement repartis du refuge avec 3 nouveaux compagnons). […] Deux mois à peine après leur adoption, nous pouvons dire qu’ils se sentaient pleinement à l’aise chez nous.

Quel bilan aujourd’hui ?
Aujourd’hui, cela fait un peu plus de 4 mois qu’ils vivent avec nous et nous sommes vraiment très heureux. Ce sont des chiens très gentils, attendrissants et très câlins. Je conseille vivement ce type d’adoption et je voudrais attirer l’attention sur la gentillesse de ces chiens, y compris avec les enfants et les autres animaux. Nous serions prêts à renouveler l’expérience. J’aimerais le faire le plus tôt possible mais je ne peux pas accueillir d’autres chiens et souhaite passer de longues années avec Dusty et Happy, malgré leurs 8 ans.

Quels conseils donneriez-vous aux candidats à l’adoption ?
De l’amour, de la patience et de l’empathie. Dans les moments difficiles, il faut relativiser et se dire que ce sont des animaux qui ont beaucoup souffert et qui n’ont pas eu une vie normale de chiens. Il faut se mettre à leur place et imaginer ce qu’était leur existence et comprendre que ça les a conditionnés ainsi. Mais finalement, il n’y a aucun trouble important : les pipis sont dus à des habitudes qui sont vite balayées (il suffit de les sortir et de leur apprendre que le pipi se fait dehors, lors des promenades et les rituels sont vite compris) et les réveils la nuit sont dus à des angoisses qu’il faut comprendre. Ce sont des chiens qui ont besoin de présence et qui se sentent seuls. En les adoptant, on porte une responsabilité, mais c’est aussi le cas des adoptions dites « classiques ». Car un animal, c’est une vie et une vie ça se respecte.

L’intégralité de l’interview sur le site de l’association GRAAL

Une vidéo émouvante de Beagles retrouvant la liberté

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=zLZMxRP_F5w&feature=player_embedded[/youtube]


Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone