Des milliards pour le Batho nucléaire et souterrain !

Pour ou contre le nouveau site de stockage de déchets radioactifs ? Le débat public a commencé ce mercredi 15 mai. Retour en détail sur ce que devrait être cette gigantesque décharge souterraine.©wikimedia nucléaire

C’est à Bure, dans la Meuse, que devrait être installée  la poubelle radioactive française qui portera le nom de Cigéo (Centre industriel de stockage géologique). La particularité de ce colossal vide-ordures est que personne ne viendra le vider. Dans un sous-sol argileux de 25 km², 80 000 m3 de déchets, dont la longévité avoisine ou dépasse les 300 000 ans,  pourront y être stockés à 500 mètres de profondeur. Le débat public s’est ouvert début mai et risque d’être mouvementé. Lors d’une visite sur le futur site, la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, a insisté sur sa volonté d’appliquer les « principes de transparence, réversibilité et de démocratie ». On sait déjà que la réversibilité sera impossible et que la question de la sûreté sera discutée… plus tard. Peut-on être certain qu’aucune radiation n’affectera l’Homme une fois les déchets entreposés et que les radionucléides ne rejoindront pas les nappes phréatiques ? C’est l’éternelle histoire de la poussière qu’on met sous le tapis …

Une facture de 16 à 36 milliards d’euros

Autre point qui pose problème : le coût du projet. L’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, a annoncé le coût total de l’installation : il est chiffré entre 16 et … 36 milliards d’euros. Areva et EDF apporteront leur contribution via une taxe d’installation nucléaire.

Pour la région de la Meuse, qui a déjà l’expérience d’un labo souterrain anticipant Cigéo depuis 2000, ce nouveau site de stockage va engendrer d’importantes retombées  économiques, sans compter les impacts environnementaux. Cigéo emploiera entre 1300 et 2300 personnes pour la construction et puis, en fonctionnement, de 600 à 1000 salariés. Les travaux, commenceront en 2015 au plus tôt pour s’achever entre 2019 et 2025.  Qu’importe, grâce à cette formidable déchèterie atomique, la France restera bien le leader mondial du nucléaire. Alors, bonne nouvelle ?

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.