De la barbapapa en plastique

©polyflossfactoryImaginez-vous aller au centre de barbe à papa le plus proche de chez vous pour y déposer vos plastiques ? Comme les ateliers d’imprimeries, des centres de Polyfloss pourraient un jour faire partie des commerces de proximités. Créée par Emile de Visscher, Nick Paget, Audrey Gaulard et Christophe Machet, la Polyfloss Factory propose un procédé original.

Grâce à une machine qui s’inspire du procédé de fabrication de la barbe à papa, les déchets sont transformés en une sorte de laine plastique qui peut se fondre et donner naissance à des objets.

Une démarche verte

©PolyflossfactoryIntéressés par ses multiples propriétés, ils valorisent la matière. « Le plastique est un matériau unique. Un de ses grands atouts est de pouvoir adopter différentes formes », explique Emile de Visscher, designer et ingénieur. Dès 2012, la Polyfloss Factory exposait ses premiers prototypes : une robe, un sweat, un casque de musique ou encore des pots de fleurs.

 

Un succès immédiat

©polyflossfactoryFin 2012, ils créent pour Bloomberg une sculpture de 15 m sur 3 m qui permet au quatuor de se lancer. S’en suit une demande du Festival des Sciences d’Edimbourg qui leur commande trois machines. Enfants et adolescents ont pu s’amuser à fabriquer eux-mêmes des règles en plastiques recyclés. « Ce qui a été intéressant avec le festival, ce sont les contraintes qu’on nous a imposés. Les machines devaient évidemment être sécurisées, ludiques mais aussi esthétiques« , raconte Emile de Visscher. L’activité a eu un tel succès que les machines ont été vendues. En octobre, ce seront les enfants du Qatar qui découvriront l’invention.

Un travail de longue haleine

« La première machine était une perceuse accrochée à une table avec une canette de coca percée et un gros chalumeau. Puis on a amélioré la machine. » Après avoir réussi à créer une mousse fibreuse avec du PET (polyéthylène téréphtalate), ils se rendent vite compte de la fragilité et des limites de la matière. C’est donc le polypropylène qui sera finalement retenu, souvent utilisé dans la construction automobile car il plie sans se rompre.

Une danse mécanique à trois temps

©polyflossfactoryTel une grande bouche, la broyeuse découpe la feuille de plastique en tout petits bouts. La machine à barbapapa accueille les particules en son centre, la turbine se met en marche et il suffit de récolter le plastique de manière circulaire, autour d’un bâton, comme on le ferait pour créer la célèbre confiserie. On peut ensuite utiliser un moule, que l’on pose sur la barbe à papa afin d’y façonner une forme.

 

©polyflossfactoryPolyfloss n’en est qu’à ses débuts. A l’automne, leur technique sera retenue pour isoler  une résidence d’étudiant sur le campus de l’AA School of Architecture. »On a eu des résultats très encourageants en terme d’isolation. Notre isolant se situe entre la laine de roche et la laine de verre« , explique Emile de Visscher. Au total, deux tonnes de plastique devraient être utilisées pour le bâtiment.

 

La chronique « Environnement » de Yolaine de la Bigne sur ce sujet a été diffusée ce mardi 9 juillet 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

 

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2013/07/La-machine-a-recycler-le-plastique-124248973.mp3|titles=La-machine-a-recycler-le-plastique]

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.