Banque alimentaire : un taureau de corrida au menu

Doit-on servir de la viande de taureaux tués dans les arènes aux personnes nécessiteuses ? C’est  le débat qui anime les Bouches-du-Rhône : les abattoirs Alazard et Roux à Tarascon ont décidé d’offrir gratuitement à la banque alimentaire de Vaucluse la viande de 6 taureaux tués dans les arènes de Châteaurenard.

Banque alimentaire : un taureau de corrida au menu« Les taurins sont en train de s’offrir tranquillement une bonne conscience à bon compte ! » s’exclame  Thierry Hély de la Fédératon des luttes pour l’abolition des corridas.

Selon lui, « on ne peut pas offrir cette viande qui a été le produit d’une pratique cruelle et d’une torture caractérisée dans les arènes. Les restos du cœur, eux, ont toujours refusé quoique ce soit provenant des corridas. » Véronique Colucci, veuve de Coluche, fondateur des Restos du Coeur, disait d’ailleurs : « on n’accepte pas de l’argent provenant d’une souffrance pour soulager une autre souffrance. »

Mais la banque alimentaire du Vaucluse, qui accueille 22 800 personnes dans le besoin, voit les choses sous un autre angle. « Ce don, c’est quelque chose d’exceptionnel pour nous. Six taureaux de combat de plus de 600 kg chacun ça représente 10 000 repas », a précise Maïté Grégoire-Bruchet, présidente de la banque alimentaire du département.

Problème : selon Claire Starozinski, de l’Alliance anti-corrida, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) elle-même doutait des qualités sanitaires de la viande de corrida dans un rapport de 2001.

En septembre prochain, lorsque les repas seront servis, les bénéficiaires seront informés de la provenance de la viande. Ils seront alors libres de la refuser ou non.

 

Pour rappel : Au nom de la tradition, 700 taureaux sont tués chaque année dans les corridas dans du sud de la France. Leur viande est vendue aux amateurs ou recyclée en farines animales.

 

 

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