Baiser mortel : les abeilles accros aux pesticides

Deux nouvelles études publiées ce mercredi 22 avril dans Nature sonnent à nouveau l’alerte sur les effets néfastes des pesticides. Les abeilles seraient irrésistiblement attirées par les néonicotinoïdes qui déciment pourtant des colonies entières ! 

  abeille sur fleur jaune 

Quèsaco ?

Les néonicotinoïdes sont depuis les années 90, des insecticides neurotoxiques très répandus dans le monde. Déjà suspectés de tuer les abeilles domestiques, d’autres insectes pollinisateurs et des oiseaux, deux nouvelles études viennent assombrir le bilan de ces pesticides.

Ce que disent les expériences

La première étude conduite par l’université de Newcastle au Royaume-Uni consistait à tester la capacité des abeilles domestiques et des bourdons à éviter les plantes traitées aux néonicotinoïdes. Le résultat est édifiant : non seulement les insectes ne sont pas repoussés par ces plantes, mais ils préfèrent même butiner le nectar mortel…

« Nous avons une preuve que les abeilles préfèrent manger la nourriture contaminée par des pesticides« , explique Geraldine Wright, co-auteure de l’étude. En fait, les néonicotinoïdes agiraient comme agit la nicotine sur le système nerveux central de l’homme : « Je crois que cette expérience montre que ces composants ont un effet pharmacologique sur le cerveau de l’abeille« , juge la chercheuse.

abeille_sur_bruyereLa seconde recherche étudie les effets de ces pesticides sur nos pollinisateurs. 16 champs de colza ont été utilisés pour cette expérience : la moitié étant traitée avec un néonicotinoïde courant et l’autre moitié non.

Les résultats sont sans appel. Il y a moitié moins d’abeilles et de bourdons dans les champs traités, les bourdons s’y reproduisent beaucoup moins et les abeilles solitaires nées à proximité n’y retournent jamais, contrairement à celles des champs témoins.

Des impacts négatifs sévères sur l’environnement

Des abeilles droguées aux pesticides ? Une ancienne étude avait déjà montré que les abeilles exposées aux pesticides avaient plus de mal à s’orienter, à reconnaître les caractéristiques des fleurs et à butiner, ce qui provoquait la disparition de colonies entières. Pas de bon augure selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui explique que sur les 100 cultures productrices de 90% de l’alimentation mondiale, 71 dépendent du travail des abeilles. C’est donc la sécurité mondiale alimentaire qui est en jeu.

champs pour abeilles

L’Union Européenne sur ses gardes

Ces études sortent alors que le moratoire de l’Union Européenne, mis en place depuis décembre 2013 sur les usages de trois néonicotinoïdes en France, doit être réexaminé en fin d’année.

De quoi faire trembler certains industriels !

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Passionnée par le cinéma documentaire et l'environnement, Alexandra a choisi le journalisme par vocation. En grande optimiste et végétarienne convaincue, elle espère un avenir meilleur pour le monde. Chaque petite voix compte... la sienne aidera peut-être à améliorer les choses en donnant les informations nécessaires à la réflexion !