Au secours des phoques de Saimaa

Si Franz Weber est l’homme des batailles impossibles, ce qui le caractérise, c’est qu’ il les gagne ! À 83 ans, l’écologiste suisse repart en campagne pour sauver les phoques d’eau douce finlandais. Par Danièle Boone. Extrait de Néoplanète 23.

Le regard de Franz Weber se noie dans les eaux du lac de Saimaa, un paradis de quelque 4 400 km2 au sud-est de la Finlande. « Il faut sanctuariser la plus grande partie du territoire pour garder cet écosystème lacustre et forestier intact.» Et sauver le phoque annelé de Saimaa, une des très rares sous-espècesde phoques d’eau douce. Inscrit sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), cet animal est menacé de consanguinité et souffre du réchauffement climatique.

Ses petits naissent en février dans des nids protégés par une couche de neige qui se fait de plus en plus rare. Résultat : les bébés meurent prématurément. Quant aux rescapés, nombre d’entre eux agonisent dans les filets des pêcheurs. Sans parler de leur habitat qui est grignoté par ceux que Franz Weber surnomme les « bousilleurs d’écosystèmes », ces Finlandais et ces Russes qui se font bâtir de somptueuses villas sur le site. Des projets de résidences hôtelières sont aussi déjà dans les cartons. Pour contrer cette invasion humaine, le militant a décidé d’acheter, via sa fondation(Die Fondation Franz Weber), l’une des 13 000 îles du lac, afin d’inciter d’autres à l’imiter.


La meilleur défense ? C’est… l’attaque !

Cet activiste vert est en complet désaccord avec les plans d’action et autres programmes écologiques bien-pensants, à savoir les écobilans, les agendas 21 et les compensations CO2 :« Mon genre, c’est l’attaque ! » L’histoire commence en 1965, quand il découvre que le village de Surlej en Engadine (Suisse), a été défiguré par un parking. C’était pourtant là que Nietzsche avait eu l’intuition de « l’éternel retour » et écrit son Zarathoustra. La réputation de cet empêcheur de tourner en rond dépasse rapidement les frontières suisses.

Il est alors appelé à la rescousse pour des opérations de sauvetage telles que celles des Baux-de-provence, de Delphes, de la forêt alluviale du Danube. Mais aussi des chevaux sauvages d’Australie, des éléphants du Togo ou des bébés phoques du Canada. Au total, plus d’une centaine d’actions. Il est à l’origine de la Cour internationnal de justice des droits de l’animal basée à Genève avec Denis de Rougemont des Nations Unies des Animaux(United Animals Nations).

Si sa fille Vera s’implique pour reprendre le flambeau, le vieux combattants n’a pas l’intention de partir à la retraite:  » Il reste tellement de chose à sauver. Il y a du travail pour plusieurs vies »

© PHOTOS : BOONE – JUHA TASKINEN24 |

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