Au Pérou, ces femmes qui rêvent de touristes

Au Pérou, ces femmes qui rêvent de touristesComme les volontaires, les premiers touristes dorment et prennent leurs repas dans les dix familles (40 soles) ou dans le petit « hôtel » du village, sur le modèle des îles du lac Titicaca.

Des visites guidées, à la cascade de Sipia et au baño del cóndor, sont également organisées pour faire découvrir les richesses de la région. Les bénévoles sont les cobayes idéaux pour entraîner les futurs hôtes. Olympia, mazamorra morada – une crème de maïs violet – en main, est un peu nerveuse. Sebastiana joue la carte de l’humour lorsqu’on lui demande où sont les toilettes, tandis que Rosario, jeune maman, est quelque peu dépassée par les événements. Mais les Péruviens se montrent très curieux du mode de vie de leurs voisins européens. Aussi, le mari de Marleni, professeur à Arequipa, est incollable sur Calvin, Napoléon ou encore Louis XVI.

Une fois par mois, Lyria Llerena Cruz vient donner un cours d’écotourisme aux femmes. Ce soir, à la lueur de la bougie. Objectif de la leçon : convaincre les habitants que l’harmonie dans leur village est primordiale. « Pour paraître plus riches et plus modernes, certains villages ont abandonné l’adobe pour le ciment. Or les touristes recherchent de l’authenticité », explique la jeune femme. Aedes est également chargée de l’assistance technique et dispense des conseils en matière de nettoyage, d’ordre ou d’hygiène en cuisine. « Tous les produits achetés servent à améliorer dès à présent la vie des habitants, en attendant les touristes », explique Lyria Llerena Cruz.

Quatre fois par semaine, un micro bus relie Toro à Cotahuasi en trois heures. La route asphaltée ramènera cette portion à une heure trente. Un bus relie ensuite Cotahuasi à Arequipa en onze heures. Ce trajet pourrait être réduit à 7 heures avec une nouvelle route. Un espoir pour les habitants. Le canyon de Cotahuasi se trouverait alors à la même distance de la ville blanche que celui de Colca. Ce sera alors l’heure de récolter les fruits d’un dur labeur.

 

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