L’amour écolo

C’est la Saint Valentin ! Des millions de roses vont être offertes aujourd’hui. Mais d’où viennent ces fleurs  porteuses de messages d’amour ou d’affection ? Quel trajet parcourent-elles avant d’atterrir chez nos fleuristes ? Et pour quel bilan carbone ? Pour savoir comment faire plaisir à votre dulciné(e) tout en respectant l’environnement, c’est par ici !

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©photigule.blogspirit.comLes roses sont  devenues le symbole de la mondialisation de notre économie. Elles peuvent parcourir plus de 3.000 kilomètres à travers le globe, depuis le Kenya, le Zimbabwe, la Colombie ou encore la Hollande, avant d’être commercialisées dans les boutiques françaises. Pour les pays producteurs, c’est bien sûr une manne considérable. Au Kenya, par exemple, l’horticulture est le deuxième secteur générateur de devises, après le thé, et elle fait vivre un demi million de personnes, mais souvent au prix de conditions de travail difficiles. Sans compter le coût carbone d’un bouquet de 25 roses en France, qui équivaut à une promenade en voiture de 20 kilomètres. Pour arriver encore fraîches dans nos boutiques, les roses du bout du monde doivent être acheminées en 48h, par avion – elles sont même chauffées et éclairées 24h/24 sous serre lorsqu’elles viennent de Hollande – et sont aspergées de produits chimiques et pesticides pour résister au transport et aux insectes.

Des conséquences néfastes pour l’environnement

En 2011, pour la Saint Valentin,  le blog Ecologie du journal Le Monde titrait : « Nos roses de la Saint-Valentin assèchent un lac au Kenya ». Le biologiste David Harper, de l’université anglaise de Leicester, y révélait que les roses cultivées au Kenya, soit 70%  des ventes en Europe, assèchent le lac Naivasha. Car sur ses bords, sont installées les trois quarts des exploitations de roses kenyanes, d’immenses fermes industrielles qui pompent l’eau du lac. Le commerce international de la reine des fleurs peut donc s’avérer extrêmement néfaste pour l’environnement.

Alternatives écolo©clouserw

Heureusement, un florilège de solutions existent pour les amoureux en quête d’un bouquet écologique. Max Havelaar, le label du commerce équitable, a labellisé des exploitations floricoles en Colombie, en Equateur, en Inde, au Kenya, en Tanzanie et au Zimbabwe. Comme pour le chocolat ou le thé, l’idée est de respecter un certain nombre de critères sociaux et écologiques dans la production des fleurs. Facile à repérer, le logo est collé sur le plastique qui emballe le bouquet. En France, par exemple le grossiste Ethiflora en distribue. Vous pouvez aussi vous tourner vers Rapid’Flore ou Happy.

A défaut de roses équitables, vous pouvez offrir des fleurs de saison comme les Gerberas, des sortes de grosses marguerites, ou les Germinis, plus petites que les Gerberas, qui n’auront pas été cultivées sous serre ou réalisé un grand voyage en avion. Pour cela, demandez conseil à votre fleuriste. Ou rendez-vous sur le site Approfusion.fr qui propose à la vente uniquement des fleurs cultivées dans le Var. Autre alternative : une société spécialisée de vente en ligne, www.rosavenir.com, qui propose des roses équitables made in Franc. D’autres enseignes proposent désormais ces mêmes roses comme Happy (enseigne « low cost » du groupe Monceau Fleurs) ou Rapid’Flore. Enfin, le site econo-ecolo.org joue le jeu écolo à fond et offre un service en ligne  de « fleurs virtuelles »!

En vidéo

Sierra Flower Finder, une entreprise de distribution florale, a mis en ligne deux vidéos sur la production des roses. A regarder avec un certain regard critique tout de même !

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Cette chronique « Environnement » a été diffusée le jeudi 14 février 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.