Jouets : allô maman bobo !

Jouer, quel bonheur pour les enfants ! En revanche, pour les parents, cela peut être source d’anxiété. À l’occasion du colloque Jouets et Substances toxiques initié par la WECF *, le 17 novembre prochain, voici un petit zoom sur la sécurité de ceux qui sont vendus dans l’Union européenne.

Article disponible dans le Néoplanète été 2011

Malgré le règlement REACH – offrant au consommateur une meilleure protection contre les substances chimiques intentionnellement utilisées – et le label CE – contrôlant le respect des règles de sécurité chez les fabricants –, les jouets recèlent nombre d’éléments toxiques : phtalates (perturbateurs endocriniens), formaldéhyde (cancérigène et irritant des voies respiratoires et des muqueuses) ou retardateurs de flammes bromés (dangereux pour le développement du cerveau). Le manque de certifications indépendantes et l’offre pléthorique posent un vrai dilemme cornélien ; d’autant qu’il n’y a aucune obligation d’étiquetage de la composition des jouets ! Une inquiétude légitime quand on sait que nos petits sont plus vulnérables à ces poisons que nous, les adultes. Pourquoi ? Parce que leur épiderme est plus perméable, leurs poumons encore immatures et leur système immunitaire en pleine formation.

NE JOUONS PLUS AVEC LEUR SANTÉ !

Dès la fin des années 1990, l’ONG WECF (Women in Europe for a Common Future) s’est impliquée dans les conventions
internationales pour inciter les industriels à ne plus jouer avec la santé de nos bambins. Un Guide jouets a été rédigé lors de la révision de la directive sur leur sécurité. En téléchargement libre sur www.projetnesting.fr, il alerte les parents sur les produits dangereux susceptibles d’être contenus dans les poupées, peluches ou jeux électriques.
Que faire en attendant une réglementation plus stricte ? Privilégier les matières naturelles (coton bio, bois brut…), les modèles peints avec des peintures naturelles à l’eau et sans parfums, parfois allergènes. Heureusement, aujourd’hui, on voit débarquer sur le marché des jouets éco-conçus ou plus respectueux de l’environnement et de la santé. La WECF réunira, le 17 novembre prochain, à Paris, les acteurs du secteur pour encourager les bonnes pratiques, du choix des matières premières aux processus de fabrication. L’alternative ? La substitution qui permettrait d’avoir recours à des matériaux moins nocifs et à des techniques innovantes : par exemple, remplacer les colorants azoïques par des colorants alimentaires. Pour que personne n’oublie que jouer est une affaire sérieuse !

• Dans le monde, le secteur du jouet représente un chiffre d’affaires de 80 280 milliards de dollars.
• Dans l’Union européenne, 80 millions d’enfants ont moins de 14 ans et 11 600 milliards d’euros de jouets sont importés chaque année.
477 jouets ont été signalés dangereux.

Source: www.toy-icti.org

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