Allemagne : des graines germées de soja mises en cause

Après le concombre espagnol, désormais disculpé, ce sont à présent des graines germées de soja qui sont dans le collimateur des autorités allemandes. Ce sont plus précisément des germes de haricot mungo qui pourraient être à l’origine de l’épidémie provoquée par la bactérie tueuse E. coli. Produits outre-Rhin, ces haricots apparentés au soja sont introduits dans les salades composées comme c’est le cas pour le maïs en France. Avec 22 morts en Europe, dont 21 en Allemagne, la bactérie tueuse fait toujours parler d’elle, mais son origine n’est toujours pas déterminée avec certitude.

La méfiance se porte désormais sur des graines germées allemandes comme vecteur de transmission de la bactérie Eceh. « Les présomptions sont si fortes que nous devons recommander aux consommateurs de renoncer pour l’instant à la consommation de graines germées», a déclaré dimanche soir Gert Lindemann, le ministre de l’Agriculture du Land de Basse-Saxe, comme le rapporte Le Parisien.

Pourtant, le ministre de la Santé allemand, Daniel Bahr, a mis en garde sur la chaîne de télévision publique ARD contre toute conclusion hâtive au sujet de ces graines germées : « Nous avons certes des indices clairs qu’une entreprise d’Uelzen, dans le nord du pays, est apparemment une source d’infection, mais nous devons attendre la confirmation des tests de laboratoire. » Il a de nouveau conseillé d’éviter tomates, concombres et salades crus, ajoutant à cette liste noire les graines germées et les jeunes pousses.

Toujours selon Le Parisien, des analyses de laboratoire sont attendues ce lundi, mais pour le ministère, la piste remonte à une entreprise de jardinage de l’arrondissement d’Uelzen. Elle vend ses graines de soja germées en Allemagne, mais aussi dans d’autres pays européens et en Extrême-Orient. Son propriétaire a souligné au journal Neue Osnabrücker Zeitung qu’aucun engrais n’était utilisé pour la culture des germes de soja suspects. Il a ajouté qu’aucun animal ne se trouvait sur son exploitation. De plus, le quotidien allemand rapporte que les enquêteurs de la police fluviale de la région continuent d’orienter leurs recherches vers les grossistes alimentaires et les restaurants. Le laboratoire européen de référence pour l’Escherichia coli, basé à Rome, a mis les légumes hors de cause sur la foi des analyses.

De son côté, le ministre de la Santé français, Xavier Bertrand, a souligné dimanche soir qu’il n’y avait pas pour le moment « de garantie à 100 % » que les graines germées soient bien à l’origine de l’épidémie. Lorsqu’un événement de ce type survient, on doit aussitôt mettre en œuvre un système de vigilance – principe de précaution, diront certains, oui c’est vrai, faut l’assumer –, mais il ne faut pas non plus qu’il y ait d’emballement, d’affolement », a rapporté le quotidien Le Monde.

Marc Tarabella, député européen PS, a réagi face à la demande de solidarité européenne recommandée par la ministre de l’Agriculture belge ce matin. En effet, celle-ci préconise une aide financière pour les agriculteurs victimes de cette catastrophe, mais aussi d’utiliser les surplus générés chaque année par la politique agricole commune (PAC).  « L’Allemagne a décidé de manière unilatérale de fermer ses frontières à une catégorie de produits. Par cette décision, l’Europe est plongée dans une crise de confiance. Pour ce qui est des surplus générés par la PAC, ils sont habituellement gardés pour pallier aux impondérables comme la sécheresse. Je regrette donc que l’Allemagne joue cavalier seul. Nous ne pouvons pas faire comme si les dommages co-latéraux qu’elle a causés n’existaient pas. » affirme le député PS.


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