Allaitement : A quel sein se vouer?

Le retour de la femme à la maison ?

« La mère idéale est sommée d’allaiter son enfant par l’OMS et l’Unicef, qui ont pris la décision à la suite de pressions très fortes d’associations pro-allaitement d’origine américaine, et en particulier liées au mouvement chrétien traditionaliste d’Amérique, s’indignait en 2010 la philosophe Elisabeth Badinter sur les ondes de France Inter. Il y a eu une directive qui demande aux pays de décréter le primat de l’allaitement maternel, un allaitement de 6 mois, exclusif, de préférence à la demande, c’est-à-dire que la mère doit être disponible pour son bébé 24h/24. Pour que ce soit le mieux possible, il faudrait qu’elle continue, jusqu’à 2 ans, une alimentation mixte. Ce qui signifie, qu’on le veuille ou non, une sorte de retour de la femme à la maison pour le bien de l’enfant. »

Pour elle, pas de doute, la crise financière et le développement d’« une idéologie qui est un retour aux fondamentaux naturels » ont ramené les femmes, et notamment les plus fragiles, au foyer.

Écoutez ses précisions dans cette vidéo.

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« Non Madame Badinter » répondent alors un groupement de femmes composé de Nelly Bonnefous, Odile Chabrillac (de The different magazine), Isabelle Delannoy (journaliste et co-auteur de Home), Pascale d’Erm (présidente d’EcoMamans), Anne Ghesquière (fondatrice de Feminin Bio), Laurence Mermet (conseillère information écoresponsable) et Laure Noualhat (journaliste à Libération)

« Considérer que l’écologie, au nom d’un certain naturalisme, renvoie les femmes à la maison et les conduit à déserter la sphère sociale et professionnelle relève de la grossière caricature, voire d’une malhonnêteté intellectuelle reposant sur une méconnaissance manifeste des valeurs philosophiques de l’écologie et de ses acteurs dans le monde contemporain, écrivaient-elles sur Néoplanète (…) Considérer la couche lavable comme rétrograde, c’est regarder le doigt du sage qui montre la lune. Car il s’agit aussi de lutter contre une imbrication de systèmes qui, s’ils nous ont libérées du lavoir et de la nurserie, nous aliènent maintenant tant par leurs coûts environnementaux, financiers, humains que par les pollutions qu’ils entraînent. Notre écologisme au féminin ne se résume pas à protéger nos enfants, il est un combat affirmant notre place d’êtres ‘humaines’ – au-delà de tout anthropocentrisme – en lien avec la Terre et toutes ses espèces vivantes, les racines, le ciel et les étoiles. »

 

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