Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira ! L’humour toujours vaincra ?

© PHOITOS : KANTVER/FOTOLIA.COMSeins nus, spectacles en tout genre, concerts de casseroles… tous les moyens sont bons pour exprimer son opinion. La nouvelle arme ? L’humour ! Un nouveau vent de contestation, poussé par la jeunesse mondiale, souffle sur la planète. Petit tour d’horizon de ces nouvelles formes de protestation.

 

 

Si les manifs restent indémodables et que les mouvements « y en a marristes » grognent de plus en plus fort aux quatre coins du globe, de nouvelles formes de protestation apparaissent. Elles s’inscrivent souvent dans une culture de la colère héritée des années 1970 et l’une de leurs particularités est de n’appartenir à aucun parti politique. Pour Geoffrey Pleyers, chercheur à l’EHESS, le sentiment qui rassemble dans une « même identité des jeunes activistes égyptiens, espagnols, new-yorkais ou mexicains et qui motive toutes ces formes de protestation “random”, c’est la désillusion envers la classe politique ». Internet joue, bien sûr, un rôle fondamental dans le soulèvement, le ralliement et la diffusion  de ces nouvelles vagues contestataires sur tous les continents. Petit tour du monde de ces nouveaux courants…

On danse

Pour déjouer les menaces que la montée de l’islamisme fait peser sur les libertés, Art Solution, un collectif de jeunes Tunisiens, investit la rue avec des spectacles, du street art et des ateliers de danse ouverts à tous. L’objectif : réagir au climat liberticide d’un pays qui faisait sa révolution démocratique il y a juste deux ans et résister à l’oppression intellectuelle intégriste.

On joue les performances

Voïna (guerre, en russe), un groupe artistique russe, multiplie les performances artistiques au parfum de scandale, pour dénoncer l’emprise totalitaire de l’État. Ses dernières mises en scène ne laissent personne indifférent, que ce soit l’opinion publique ou la justice : fausses pendaison dans un supermarché moscovite, banquet improvisé dans le métro ou « baise en public en l’honneur de l’ourson héritier » (Dimitri Medvedev, ndlr). Le fil conducteur est le même que celui des Femen, ces jeunes Ukrainiennes qui organisent des happenings seins nus : utiliser des méthodes chocs, afin de bousculer des institutions politiques et morales archaïques et de lutter contre le capitalisme sauvage, la corruption, le patriarcat ou le machisme.

On tourne en dérision

C’est dans la droite lignée d’un Coluche que l’humoriste italien Beppe Grillo s’est fait récemment élire aux législatives avec son Mouvement 5 étoiles (M5S). Le « Jiminy Cricket italien », transformé en politique volubile à la verve excédentaire, met un point d’honneur à ne pas vouloir se placer sur l’échiquier politique. Sa marque de fabrique : « Tous pourris. » Ses armes, la dérision et la négation du système.


On clame les idées les plus farfelues

En février dernier, une violente insurrection dans une dizaine de villes bulgares contre la hausse du prix de l’électricité de 13 % a conduit à la démission du gouvernement. Le mouvement profite désormais du vide politique pour faire valoir 7 000 revendications citoyennes recensées sur le net, toutes plus farfelues les unes que les autres : l’augmentation de 50 % des salaires, la division des prix par deux, l’annulation des engagements internationaux…

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Mathilde Samama, étudiante en dernière année à Sciences PO, en Master Développement Durable.