Affichage publicitaire : de timides avancées

L’affichage publicitaire envahit nos villes. Sous l’impulsion du Grenelle 2, un projet de décret visant à réduire cet affichage a vu le jour. Pour de nombreuses associations de protection du paysage, ce projet, mis en consultation publique jusqu’au 11 mars prochain, ne va pas assez loin.

Réduire la pollution visuelle et maitriser la pression publicitaire. Voilà les objectifs fixés par le gouvernement. Après plus de 30 ans d’application, la loi de 1979 qui encadre actuellement  l’affichage publicitaire sera bientôt modernisée. Problème, ce projet de décret fait débat, car si l’on assiste actuellement au retour à un cadre de vie de qualité, la pression publicitaire et l’urbanisation sont toujours plus fortes.

Parmi les axes forts du projet : interdire la publicité près des écoles, limiter la publicité lumineuse, favoriser la pub de proximité sur les axes routiers, remplacer les panneaux par de la signalisation ou encore réduire la taille du format des supports d’affichage de 16m² à 12 m².

Les professionnels de l’affichage se heurtent à des organismes de défense du cadre de vie et de lutte contre l’invasion publicitaire farouchement opposés. Les associations Paysages de France ou Résistance à l’agression publicitaire épaulées par le mouvement des Jeunes Ecologistes dénoncent un projet trop peu ambitieux. Selon eux, le format maximal prévu (12 m²) est celui déjà largement pratiqué en France, l’extinction des panneaux la nuit n’est envisagée que de minuit à 6 heures du matin, poursuivant le gaspillage énergétique, et aucune mesure pour limiter le nombre de panneaux publicitaire n’est indiquée.

La plupart, à l’image de l’association Résistance à l’agression publicitaire, espère être entendu sur différents points : éteindre les enseignes à la fermeture de l’établissement, permettre l’égalité entre affichage libre et affichage publicitaire, interdire les véhicules publicitaires ou le pelliculage des vitres des bus, tram et taxi …

Pourquoi ne pas chercher des solutions chez nos partenaires de l’UE ? Ambroise Dupont, sénateur UMP du Calvados, a remis en juin 2009 un rapport intitulé « Publicité extérieure, enseignes et préenseignes » dans lequel il explique que l’affichage est, chez nous, «  plus présent que chez nos voisins, il génère un chiffres d’affaire en constante augmentation (…). » L’auteur prend pour exemple l’Allemagne, où, dans les zones habitées, la publicité est uniquement autorisée sur les bâtiments industriels et dans les zones rurales, elle est interdite. Aucune législation fédérale n’existe, elle est ressort de chaque « Land ».

Faire évoluer la réglementation publicitaire dans le respect des libertés d’expression ne sera pas une mince affaire, surtout pour le marché de l’affichage qui pèse près de 2 650 Millions d’euros en France.

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