ACTU : Les agriculteurs en colère contre la directive « nitrates »

Le récent classement de 823 communes supplémentaires en zones vulnérables, suite à l’adoption par la France de la directive « nitrates », a provoqué hier matin la colère des agriculteurs.

 ©iki-photosUne centaine d’entre eux ont déversé de la paille et allumé quelques feux à côté du ministère de l’Agriculture pour dénoncer ce « monstre administratif », selon les termes de la FNSEA, qui va entraîner la restriction de nombreuses pratiques agricoles dans ces zones pour protéger les points de captage de l’eau et les nappes phréatiques.

Bruxelles menace la France

Menacée de sanctions financières par Bruxelles pour non respect des exigence communautaires, la France vient d’adopter cette directive « nitrates » dont le but est de délimiter les zones vulnérables dans lesquelles les eaux sont polluées (ou susceptibles de l’être) c’est-à-dire où la teneur en nitrates d’origine agricole approche ou dépasse 50mg/l. Elle met en place des mesures applicables dans ces zones : par exemple respecter le seuil des 170 kg d’azote par hectare (kgN/ha) ou encore appliquer les distances d’épandage des fumiers, du compost, des lisiers (effluents d’élevage), interdits à moins de 5m des eaux de surface, courantes ou non.

En France, la présence de nitrates dans ces eaux de surface provient à 66 % de l’agriculture, suite à l’épandage de doses massives d’engrais azotés et de lisier. Alors qu’en l’absence de contamination, la teneur en nitrates des eaux souterraines varie de 0,1 à 1 milligramme par litre d’eau, elle dépasse souvent dans les eaux des grands bassins versants, lieux privilégiés d’agriculture intensive, 50 milligrammes par litre, norme retenue pour les eaux potables par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). 

L‘application de la directive « nitrate », au delà de ses enjeux contentieux est donc complexe puisque qu’elle doit s’établir dans un équilibre entre exigence européennes, objectifs écologiques et intérêt des agriculteurs.

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Mathilde Samama, étudiante en dernière année à Sciences PO, en Master Développement Durable.