L’accidentothèque de Salon-de-Provence

©ipernity.comIl n’y a pas que dans les séries américaines que l’on a à faire à de « supers experts ».En France aussi. Particulièrement dans la région de Salon-de-Provence où une équipe de chercheurs a créé l’une des plus grandes « accidentothèques » d’Europe. Explications.

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Tout a commencé en 1992 avec un binôme de choc formé d’un expert et d’une psychologue qui étaient systématiquement envoyés sur les lieux d’un accident de la route dans la région. Leur mission était de faire un relevé scientifique de toutes les traces utiles, filmer la scène et questionner les acteurs de la collision. Du coup, ils ont crée l’Ifsttar : « l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux », placé sous la tutelle du Ministère de l’Ecologie et de celui de l’Enseignement Supérieur. Il regroupe aujourd’hui plusieurs sites en France, 1200 chercheurs, ingénieurs et techniciens, qui œuvrent tous pour un même objectif : l’amélioration des transports et de la sécurité routière.

Décomposition – Remodélisation©ptitrain.com

Pendant que les secours s’occupent des victimes, les scientifiques relèvent toutes les données comme la position des corps, la nature du sol, la météo, la déchirure des vêtements, les traces de choc sur la carrosserie…tout est soigneusement consigné, filmé, photographié puis informatisé et modélisé dans la base de donnée de l’accidentothèque. Et le résultat est spectaculaire. Le drame est entièrement reconstitué et décomposé. On sait par exemple, à quel moment le conducteur du véhicule voit la moto ou à quelle vitesse roulaient les engins.

Grâce aux rapports de l’Ifsttar, le gouvernement peut adopter des mesures qui visent à améliorer la sécurité dans les villes et sur les routes. En 2011, par exemple, les chercheurs ont conclu que le kit mains-libres était tout aussi dangereux que le portable à la main et passible d’une amende de 35 euros. Les études sont aussi à l’origine de ce qu’on appelle « la route qui pardonne » c’est à dire l’installation d’accotements sur le bord des routes, qui permettent à l’usager de se récupérer en cas d’erreur légère.

©blog-auto-selection.comSi les travaux de l’Ifsttar ne permettent pas encore d’éviter des accidents de la route, ils contribuent à la diminution de leur nombre. D’ailleurs, le ministre de l’intérieur Manuel Valls a annoncé en janvier une baisse de 8% de la mortalité routière en 2012 par rapport à l’année 2011, c’est le meilleur bilan enregistré depuis l’après-guerre.

Cette chronique « Bonne Nouvelle» a été diffusée le vendredi 15 mars 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.