Abattage rituel : ne pas étourdir l’animal reste légal

yododLe Conseil d’Etat rejette, dans sa décision du 5 juillet 2013, la demande de l’association l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA). L’institution considère qu’égorger des animaux pour la viande kasher et halal, sans les étourdir préalablement, est parfaitement légal.

 

L’institution publique a été saisie d’un recours en juillet dernier par l’association OABA, qui demande l’abrogation de cette partie du texte : « L’exception à l’obligation d’étourdissement préalable des animaux avant l’abattage ou la mise à mort lorsque cet étourdissement n’est pas compatible avec la pratique de l’abattage rituel« . Le Conseil d’État a pourtant affirmé que le code rural et de la pêche maritime ne se verrait pas amputé de cette partie de la loi.

Dans la loi française, les abattages rituels musulmans et juifs constituent une « exception » qui ne s’oppose en rien au caractère laïque de l’État français. L’association de protection des animaux, à l’origine de ce contentieux, invoquait la violation du principe de laïcité et non la maltraitance ou la souffrance des animaux. « Nous pouvions soulever les pistes suivantes : la souffrance des animaux – évidemment ce qui motivait la demande de l’OABA – le principe de laïcité et la question de l’égalité », explique Maître Monod, avocat de l’association avant d’ajouter : « Le rapporteur public a longuement hésité avant de rendre son verdict et il n’était pas spécialement convaincu ».

Bien que depuis la nouvelle loi de protection des animaux de 1999, les bêtes ne soient plus assimilées à des choses, la loi française les considère toujours comme des biens. En invoquant ce principe, cher à notre république, l’association espérait une issue plus favorable lors de son recours.

Déception pour l’OABA, la loi restera inchangée. Le Conseil d’État rappel que le principe de laïcité correspond « non seulement (à) l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion et le respect de toutes les croyances, mais aussi, (…) (au) libre exercice des cultes« .

« Il faut éviter la généralisation des méthodes d’abattages utilisées pour les rituels. Certaines entreprises utilisent ces méthodes pour des raisons économiques. Etourdire l’animal coûte plus cher« , explique Maître Monod. Et la suite ? « Veiller à une bonne traçabilité de la viande pour être sûr que les abattoirs soient encadrés, même s’ils ne pratiquent pas l’étourdissement ».

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.