Abalimi : Micro-fermiers et maxi-espoirs

Photographe professionnelle, freelance pour l’agence Sipa Press, Viviane Negrotto s’est envolée fin décembre pour un tour du monde de dix mois. Son but ? Rencontrer ceux et celles qui participent chaque jour à construire un monde plus durable. Tous les mois, elle nous présente un projet éco-conçu.

Bien dans ses baskets, franc et sérieux, Rob Small, la cinquantaine, est la colonne vertébrale du projet Abalimi. Une association qui développe des jardins ouvriers dans des communautés défavorisées aux alentours de Cape Town. L’objectif : donner du travail à des chômeurs, des personnes âgées ou des marginaux en leur permettant de cultiver un petit bout de terrain et ensuite revendre leur production. Une sorte d’Amap sudafricaine.

Né en Zambie et élevé en Afrique du Sud, Rob Small part étudier l’agriculture biologique au Royaume Uni avant de revenir près de Johannesbourg et d’être appelé par Abalimi en 1985, trois ans après le début du projet. L’église catholique de Cape Town, qui a fait germer le projet, cherche quelqu’un pour le prendre en charge. Depuis, Abalimi est devenu une structure indépendante et autofinancée. Au départ, personne n’y croyait, sauf Rob Small : « planter dans un sol aussi sec que celui de CapeTown cela ne donnera rien » me répétait-on à longueur de journée. Et à voir sortir ces courges de cet étrange sable gris, on comprend vite pourquoi, mais Rob Small s’accroche.

Il a beau être pessimiste sur l’avenir de la planète, son projet il y tient. Les fermiers qui souhaitent le rejoindre bénéficient d’une formation. Des formateurs leur donne les bases de l’agriculture bio, puis l’association les aide à trouver un terrain à faible loyer : propriété de clinique, d’école, d’administration, d’institution, de municipalité ou même de l’état. Abalimi les conseille ensuite sur la meilleure période pour planter tel ou tel légume (patates douces, tomates, courgettes, aubergines, navets, radis, salades, plantes aromatiques ou soja) puis, une à deux fois par semaine, l’association vient récupérer la récolte. C’est leur branche « Harvest of Hope » (Les récoles de l’espoir) qui s’en occupe. Au total, la région compte quelques 3000 micros fermes. C’est là que sont préparées les commandes de paniers. Elles fonctionnent sur abonnement mensuel. Ces revenus sont ensuite reversés à parts égales entre l’association (pour ses frais de fonctionnement et ses équipements) et les fermiers. Une partie de la récolte est également réservée aux personnes dans le besoin.

Peu à peu le projet essaime d’autres initiatives. Des particuliers viennent se renseigner auprès d’Abalimi pour cultiver eux-mêmes leur jardin. Pratique pour faire quelques économies sur les courses. Quant au récent fond « The Farm and Garden National Trust » créé par l’association, il est destiné à  diffuser le concept du projet Abalimi dans toute l’Afrique du Sud et pourquoi pas tout le continent.

Retrouvez les reportages de Viviane Negretto sur http://www.abiotifulworld.com/ au travers de photos et d’articles.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone