De la gastronomie bio pour les bébés

Good Goût - Gourde Mangue - Good GoûtLancé il y a quatre ans, Good Goût fait découvrir les bons petits plats aux tout-petits.

Si vous avez déjà goûté de la nourriture pour enfants, vous savez peut-être que le contenu reflète rarement ce qu’il y a sur l’emballage. Sachant que les bébés ont 10 000 papilles gustatives, soit deux fois plus que les adultes, il est surprenant que ceux-ci ne pleurent pas plus souvent.

« En tant que jeune papa, je me sentais coupable de donner ces petits pots à mes enfants. Je me disais aussi que si je devais manger quelque chose, ce n’est pas ce que je choisirais », avoue Mikaël Aubertin, un jeune papa trentenaire qui choisit en 2009 de quitter son job pour se lancer dans l’aventure Good Goût, une gamme de produits bios et gourmands destinée aux enfants en bas âges. Avec son associée, Alexandra Butruille, il se fixe un objectif : faire découvrir aux bébés le vrai goût des aliments grâce à des plats 100% bios dans des sachets souples, peu « plastivores », et plus rapides à stériliser et réchauffer que des petits pots en verre.

Ne reste plus qu’à trouver un cuisinier, qui ne sera autre que le chef étoilé Michel Reutenauer. « Notre rencontre s’est faite un peu par hasard, lors d’un dîner. Je discutais simplement de mon projet et il a tout de suite été emballé, » raconte Aubertin.

Quatre ans plus tard, Good Goût enregistre un chiffre d’affaires annuel de 1,5 million d’euros, se vend dans plus de 2500 magasins en France, et s’exporte à travers l’Europe, en Amérique du Nord, et même aux Emirats Arabes Unis. La PME remporte au passage la BFM Académie en 2012. Son secret ? Des ingrédients bios variés pour des plats avec un vrai goût, à la différence d’autres petits plats, qui sont généralement réalisés à base de pommes de terre et d’eau.

 

Tajine de potiron et boulgour

Good Goût - visuel risotto de courgettes au chèvre - Good GoûtChez Good Goût, un fruit ou un légume est mis à l’honneur dans chaque recette pour une saveur bien précise, et compose au moins 60% du plat. Leur chef propose ensuite différentes versions qui sont évaluées par un jury d’ « experts ». « Notre panel de goûteurs est en fait composé de mes trois enfants et d’une quinzaine de bébés de mon entourage. L’avantage est que les bébés ne mentent pas. S’ils n’aiment pas quelque chose, vous le savez tout de suite », explique l’entrepreneur.

Ces bébés-là ont d’ailleurs des goûts très variés : allant des classiques comme le poulet et carottes ou le saumon et épinards, aux plats plus raffinés tels que le risotto de courgettes au chèvre et le tajine de potiron et boulgour, sans oublier les desserts à la mangue, banane, ou poire williams.
Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas réservés qu’aux bébés. « J’en prends souvent au goûter. Normalement, nos produits sont destinés aux enfants de moins de 3 ans, mais la gamme sucrée s’apprécie jusqu’à 77 ans ! », sourit Mikaël Aubertin.
Bien qu’il voie le futur à l’étranger, notamment grâce au côté « gastronomie à la française » que sa marque apporte, la France reste une priorité. « Les produits bébés couvrent énormément de besoins, donc nous sommes en train d’étendre notre gamme afin d’en couvrir un maximum », explique-t-il.
Proposer des plats 100% bios conçus par un chef étoilé a évidemment un prix, et Good Goût est environ 15% plus cher que ses concurrents (de 1,19 à 2,99€). « On ne cherche pas à produire toujours moins cher, mais à fournir un goût au top. Au fond, je pense que, quitte à payer un peu plus, les parents préfèrent avoir ce qu’il y a de meilleur pour leur bébé. Après tout, être fier de ce que l’on donne à ses enfants n’a pas de prix ».

Cet article a été diffusé dans Le Parisien Economie du 17 février 2014. Retrouvez Néoplanète toutes les semaines dans le supplément économie du journal.

 

 

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.