60 ans de drames écologiques au Tibet

Le 10 mars était une journée comme les autres pour le monde entier. Pour les Tibétains, ce jour commémorait le soulèvement de Lhassa, en 1959, contre l’occupation chinoise. Rencontre avec Sungjang Rinpoché, âgé de 26 ans, reconnu comme la quatrième réincarnation de Ngawang Drakpa, disciple de Tsong Khapa, fondateur de l’ordre Guélougpa auquel appartiennent les Dalaï-lamas. Et forcément, exilé de son pays natal dès l’âge de six ans.


Le Tibet a régulièrement fait la une de l’actualité. Notamment lors des Jeux-Olympiques de Pékin en août 2008 et la vague d’insurrections de mars, la même année. Depuis, plus beaucoup de nouvelles. Le gouvernement autonome tibétain représenté par le Dalaï-Lama est toujours en exil à Dharamsala en Inde et les Chinois continuent de bafouer les droits des tibétains. Tortures, négation de leur culture, interdiction de parler leur langue… sont le quotidien des Tibétains depuis l’annexion du territoire en 1949. Tout comme la disparition de leurs paysages et le pillage de leurs richesses.

Le toit du monde est une vraie mine à ciel ouvert. Le pays possède 50 % de l’uranium mondial, 20% des gisements de fer chinois, de l’or, du charbon, du cuivre… Au total, le Tibet regorge de plus de 126 types de minerai, ainsi que du pétrole. Une richesse qui attire les convoitises comme en témoigne Sungjang Rinpoché (1’30 sec)

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Aucun bénéfice pour la population locale. Juste déforestation, délocalisation et véritable invasion de l’Empire du milieu. A titre d’exemple, citons que Lhassa, la capitale du Tibet, compte aujourd’hui deux fois plus de Chinois que de Tibétains en dépit de la convention de Genève de 1946. Les autorités chinoises, face à l’explosion de leur démographie, doivent toujours plus exploiter et ont pratiquement rendu déserts les hauts plateaux. Ce ne sont pas les simulacres de lois votées depuis 2009 qui feront revenir les 80% de forêts disparues, dans certaines régions, depuis 60 ans, ni les espèces animales telles que le léopard des neiges, le yak sauvage, l’antilope du désert ou l’argali qui sont désormais pratiquement éteintes. Un constat que des explorateurs ont dressé depuis les années 90. Car, si le gouvernement chinois fait des efforts depuis quelques années, les lois environnementales votées en Chine ne profitent qu’aux Chinois, comme nous l’explique Sungjang Rinpoché. (45 sec)

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S’il est compliqué de connaître les chiffres exacts, Sungjang Rinpoché avance que, depuis l’annexion du pays, près de 30% de la population tibétaine soit environ 2 millions de personnes sont morts directement (massacres, tortures…) ou indirectement (extraction de l’uranium, agriculture chimique sans protections…). Le pays est presque devenu une poubelle chinoise pour les déchets nucléaires et radioactifs. Le gouvernement oblige les paysans à utiliser des produits plus que douteux et autres pesticides chimiques pour leur terre, avec les conséquences qu’on peut supposer. Exemple: un rapport sur l’environnement de la « Région autonome du Tibet » en 1996 a révélé que 41,9 millions de tonnes de déchets liquides ont été déversé dans le fleuve Kyichu, près de Lhassa.  Sans parler du dernier projet en date, qui vise à détourner les eaux du Brahmapoutre, fleuve sacré qui arrose jusqu’au Bengladesh pour fleurir le désert de Gobi en creusant 70 km de galeries à grands coups de foreuses nucléaires….

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