Réchauffement climatique :

2°C oui, mais pas plus pour les océans !

En vue de la COP21 à Paris, une vingtaine de chercheurs internationaux se sont penchés sur la question du futur des océans sous le nom de projet « Initiatives Océans 2015 ». Ils alertent aujourd’hui les négociateurs de la conférence sur les dangers du réchauffement climatique : la hausse des températures à +2°C serait le seuil à ne pas franchir pour limiter les impacts potentiellement catastrophiques sur la faune et la flore marines.

© Jean-Louis Teyssié
© Jean-Louis Teyssié

Des océans plus chauds et plus acides. Tel est le constat de l’étude menée par des chercheurs du CNRS, de l’UPMC et de l’Iddri, à l’aide des travaux du GIEC et de données publiées en 2013 sur les océans. En mettant ainsi en évidence les impacts prévisibles sur les océans et leur importance pour la santé de la planète et, a fortiori pour l’Homme, ils espèrent donner un poids à l’écosystème marin dans les prochaines négociations sur le climat.

Les chiffres clés

Initiatives Océans 2015 nous dresse dans un premier temps un tableau des océans pour comprendre l’enjeu actuel :

  • ils recouvrent les ¾ de la planète

  • ils absorbent 90% de l’énergie excédentaire due à l’effet de serre et plus de 25% du CO2

  • 25% des espèces évoluées y vivent

  • ils contiennent 11% des protéines consommées

C’est grâce aux océans que nous respirons et que le réchauffement climatique est amorti. Problème : avec la continuelle hausse des températures provoquée par les rejets importants de GES (Gaz à Effet de Serre), les océans continuent naturellement leur « pompage » des gaz, ce qui a pour principales conséquences d’augmenter leur température moyenne et leur niveau d’acidité.

Les océans ont déjà gagné en surface entre 0,6 et 0,7° depuis l’ère pré-industrielle avec des disparités notables sur la planète.

Deux scénarios, un seul possible

Comparaison des deux scénarios : RCP 2.6 et RCP 8.5.
Comparaison des deux scénarios : RCP 2.6 et RCP 8.5.

Les chercheurs ont étudié les deux scénarios mis en place par le GIEC : le premier (RCP 2.6) prévoit une hausse des températures de 2C° d’ici 2100, alors que le second (RCP 8.5) correspond à une augmentation entre 4 et 5° d’ici la fin du siècle. En d’autres termes, les émissions de GES sont réduites dans le premier scénario mais continuent comme aujourd’hui dans le second.

Une hausse des températures à +2° augmenterait le pH de 0,14 unités, un chiffre encore acceptable selon les scientifiques. Mais si les émissions de GES continuent leur envolée, le pH passerait à +0,4 unité, soit 40 fois plus. Cela provoquerait des mortalités massives et d’importants déplacements d’espèces.

Quoi qu’il arrive, l’augmentation de la température des océans combinée à leur acidification et à la faible oxygénation menacent les coraux tropicaux, certains coquillages et d’autres espèces de poissons.

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Mangrove, © D. Laffoley
Mangrove, © D. Laffoley

Avec ces résultats pour le moins alarmants, les auteurs de l’étude la concluent par points :

  • l’avenir de l’humanité dépend des océans ;

  • les impacts des émissions de GES sont déjà visibles sur les espèces marines, les écosystèmes et les activités humaines qui en découlent. Même dans le cas d’une réduction des émissions, certaines régions du monde devront faire face à des changements avant 2100 ;

  • « des efforts immédiats de réduction des émissions de CO2 sont donc plus que jamais indispensables pour prévenir le risque de modifications brutales et irréversibles des écosystèmes marins et les services qu’ils nous fournissent » ;

  • plus le temps passe et plus les émissions de CO2 augmentent, moins les solutions permettant de faire face aux risques sont nombreuses et efficaces.

Considérée comme la conférence de la dernière chance, la COP21 qui se tiendra en fin d’année à Paris risque d’être animée : pour ne pas excéder les 2° pour 2100, il faut diminuer par 2 ou 3 les GES d’ici 2050 et arriver à une neutralité carbone à la fin du siècle. Cela implique un changement radical de notre mode de développement qui est aujourd’hui très basé sur les énergies fossiles.

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Passionnée par le cinéma documentaire et l'environnement, Alexandra a choisi le journalisme par vocation. En grande optimiste et végétarienne convaincue, elle espère un avenir meilleur pour le monde. Chaque petite voix compte... la sienne aidera peut-être à améliorer les choses en donnant les informations nécessaires à la réflexion !