1 000 plants de chênes au secours de la forêt privée française

En 150 ans, la surface de notre forêt a doublé en France. Elle est la troisième d’Europe après la Suède et la Finlande. Pourtant la forêt française va mal, elle ne se renouvelle plus. C’est le message que tente de faire passer la Fédération des Forestiers Privés de France aux décideurs politiques pour inverser la tendance en cette « année internationale des forêts ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La forêt française ? C’est une ressource vitale de 15,5 millions d’hectares qui occupe près de 30 % du territoire, dont 11 millions d’hectares appartiennent à des propriétaires privés, détenteurs pour la plupart de petites surfaces souvent morcelées. Exploitée il y a des années pour le chauffage et la cuisson des aliments, la forêt française souffre aujourd’hui du réchauffement climatique et de sous-exploitation : elle a du mal à se renouveler. Seulement 60 % de ce qui pousse chaque année est récolté : 40 % de la forêt française vieillit donc sur pied au fil des ans. La baisse des ventes de plants depuis 1999 met aussi en exergue la problématique de son renouvellement selon la Fédération des Forestiers Privés de France.

 

Opération « L’arbre qui montre la forêt »

La forêt s’est donc invitée à l’assemblée nationale le 22 juin dernier. Ce sont plus précisément 1 000 plants de chêne qui ont été remis à chaque parlementaire, au premier ministre et aux membres du gouvernement concerné. Cette opération baptisée « L’arbre qui montre la forêt » n’avait pas pour but de verdir le Palais Bourbon mais de les inviter à planter cet arbre. Ce plant veut être pour la Fédération le  symbole de leur soutien aux forestiers privés, comme l’a fait Nicolas Sarkozy lors de sa visite auprès de la filière forêt-bois à Egletons, en Corrèze, le 28 avril dernier.

« Cette opération de lobbying vise à re-sensibiliser et à interpeller les décideurs politiques de notre pays qu’ils soient sénateurs, députés ou décisionnaires au niveau du gouvernement sur la fragilité de la forêt. Dès qu’on cherche à promouvoir un certain nombre d’actions en matière forestière, on a beaucoup plus de mal à mobiliser nos sénateurs et nos députés parce que la forêt n’est pas reconnu comme étant un espace d’intérêt au sens économique, social ou environnemental en France, bien que les choses soient en train de changer. Aujourd’hui on se rend compte qu’une forêt non gérée, dont on ne s’occupe pas, peut présenter un certain nombre de risques en matière de pérennité », souligne Luc Bouvarel, le directeur général de la Fédération.

La forêt privée, une ressource plus ou moins bien gérée selon la taille de la propriété

Les 3,5 millions de propriétaires forestiers privés, dont la plupart sont des particuliers qui n’ont pas reçu de formation de gestion forestière (57 % sont des retraités, les autres sont agriculteurs, employés…), manquent généralement de ressources pour prendre soin de la forêt. Or celle-ci ne remplit ses fonctions économiques, écologiques et sociales vitales que si la gestion est assurée par ces propriétaires forestiers qui mettent notamment en place des documents qui décrivent les caractéristiques des peuplements de la forêt et planifient coupes et renouvellements pour les 10 à 20 années à venir.

« On a une durée de production qui est très longue. Elle se fait, lorsqu’on regarde la période d’activité d’un forestier, sur trois ou quatre générations ; le forestier qui plante un arbre, ce sont ses petits enfants qui vont le récolter. Seulement, cela implique que les deux générations intermédiaires l’aient cultivé correctement », explique Luc Bouvarel.

Et pour cultiver, protéger, entretenir correctement une plantation, créer et entretenir des voies d’accès, il faut des investissements importants à très long terme, pour une rentabilité sur 25 ans. Les propriétaires privés demandent donc une rémunération plus conforme à la réalité économique qui permettrait notamment de dégager les moyens nécessaires pour le renouvellement. Le prix payé aux forestiers correspondrait seulement à 5 à 10 % de celui des produits finis.

Vers un meilleur investissement forestier ?

La demande des forestiers à travers l’opération « L’arbre qui montre la forêt » n’aura pas été veine pour Luc Bouvarel. « A l’heure où l’on parle, c’est plus de 150 députes et sénateurs qui ont affirmé qu’ils souhaitaient créer une relation d’information avec les forestiers privés pour permettre de mieux comprendre et pouvoir défendre les intérêts de la forêt au sens général du terme en France », affirme Luc Bouvarel.

Un premier engagement oral et écrit d’autant plus important qu’aujourd’hui il y a toute une réflexion sur une réutilisation du bois en tant que matériau susceptible d’apporter de l’énergie mais ayant aussi une capacité de renouvellement intéressant.

« C’est pourquoi on travaille beaucoup forêt privée-forêt publique main dans la main, sur une notion de gestion pérenne de la forêt, en particulier avec une promotion importante des systèmes de certification de la gestion durable », précise le directeur général de la fédération Forestiers Privés de France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.